La Cyclovore – Jessica Bélisle sera la marraine du 1er Ultra Revival Tour en septembre prochain !

Véritable phénomène dans l’univers de l’ultra distance, la jeune québécoise est une passionnée qui depuis quelques années s’illustre sur des défis majeurs. Vainqueur en 2015 de l’ Ultra défi au nez et à la barbe de nombreux concurrents masculins, elle s’implique activement pour promouvoir le développement de la pratique sportive chez les femmes (Elles font du vélo).

Partageant les valeurs de solidarité et d’humilité chères à l’équipe organisatrice de l’Ultra Revival Tour, Jessica fait preuve d’une volonté et d’un mental à toute épreuve. Nous aurons donc un immense plaisir à l’accueillir en France en septembre prochain.

Jessica, comment avez-vous découvert le vélo ?

J’ai toujours eu à coeur les bonnes habitudes de vie et l’activité physique a été intégrée à ma vie très jeune grâce à mes parents. Je pratiquais régulièrement la course à pied et la natation, pour le plaisir seulement.

 

Par contre, pour ce qui est du cyclisme, c’est en circulant sur les routes avec mon vélo hybride pour me rendre à l’université ou au travail que j’ai pu observer les cyclistes sportifs. J’hésitais à me lancer dans ce sport qui m’attirait énormément, car je savais que sa pratique était plutôt dispendieuse et que je suis étudiante. Un jour, j’ai décidé de me lancer et de me rendre dans une boutique de vélo. J’en suis ressortie avec un beau vélo de route tout neuf et une passion naissante pour le cyclisme.

Il est peu commun de rencontrer des adeptes de l’ultra-cyclisme aussi jeune que vous. Qu’est ce qui vous a donné envie d’aller sur les longues distances ?

Depuis que j’ai commencé le cyclisme, j’ai toujours été celle qui veuit rouler le plus longtemps, celle qui n’est pas rassasiée des sorties, même après 100 kilomètres. Cela m’a mis la puce à l’oreille. Après 1 mois de cyclisme seulement, je m’étais lancée le défi de compléter un 125km très côteux au Gran Fondo de Mont Tremblant. Plusieurs participants ont expérimenté des crampes, des douleurs au cou et un épuisement généralisé alors que moi, j’étais fraîche comme une rose à l’arrivée, tout sourire.

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Par la suite, dans chaque cyclosportive à laquelle je participais, le même résultat survenait. C’est pourquoi, l’an dernier, je me suis inscrite à un 235km à Ottawa. Je me suis dit que ça viendrait peut-être à bout de mes réserves d’énergie. J’étais la seule femme à le compléter et je me suis classée deuxième au classement général.

Impossible de revenir en arrière, les longues distances étaient faites pour moi et j’en voulais plus!

J’ai flirté légèrement avec la compétition courte distance au début de la saison 2015, mais ce type d’effort ne me convient pas. J’aime la gestion d’énergie que requiert la longue distance. C’est d’ailleurs ce qui m’a menée à traverser le Canada au début de l’été 2015. Je savais que j’aurais à faire de grandes distances à tous les jours et ça ne me faisait pas peur. Au contraire, cela me rendait très heureuse.

Parlez nous un peu de ce fameux périple à travers le Québec : préparation, déroulement, moments forts, bilan…

Le Défi des 21 a été le premier événement d’ultra-cyclisme auquel j’ai pris part. Il s’agit d’un 342km avec un dénivelé impressionnant de près de 5000m dans les régions du Saguenay et de Charlevoix. Je n’étais pas expérimentée, comparativement à d’autres cyclistes sur la ligne de départ et je ne savais pas à quoi m’attendre. J’ai expérimenté toute sorte de sensations, comme le fameux questionnement “Qu’est-ce que je fais ici?” et l’épuisement physique étant donné les nombreuses côtes à franchir. Par contre, mon moral d’acier et la connaissance de mon corps suite à la traversée du Canada que je venais d’effectuer ont ressorti et j’ai réussi à bien gérer mes efforts et à finir la course en première position.

Ensuite, il y a eu l’Ultradéfi, une boucle de 1007km pendant laquelle on traverse pratiquement tout le Québec. Encore une fois, le dénivelé était impressionnant et c’était la première fois que je devais gérer mon sommeil et que j’avais accès à un support externe lors d’une course. J’ai maximisé ce dernier en remplissant le véhicule de collations santé et de vêtements de rechange pour être à l’aise tout au long du parcours. Je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil en général, donc j’ai eu un avantage sur les autres concurrents.

Mon moment fort a été lorsque j’ai traversé seule le Parc de la Mauricie, un parc national que j’ai l’habitude de fréquenter, à l’orée du jour. Le calme qui y régnait était rassurant, apaisant. Bien entendu, l’arrivée a été un moment que je n’oublierai jamais. Cela a concrétisé ma victoire et a montré que, malgré mon jeune âge et le fait que je sois une femme, je pouvais être redoutable lors d’épreuves d’ultracyclisme. J’avais des ailes et toute la fatigue accumulée s’est évaporée l’espace d’un instant, me laissant savourer la fin de ce qui sera, j’en suis certaine, le début d’une belle aventure!

Au Québec, comment est perçue la pratique de l’ultra-distance ?
Au Québec, il y a encore très peu d’ultra-cyclistes. Par contre, le travail que fait l’organisation du Défi des 21 et de l’Ultradéfi, le Regroupement d’Ultracyclisme du Québec et Sylvain Grenier, un ultra-cycliste d’expérience, pour faire connaître cette discipline est remarquable. Les gens sont de plus en plus intéressés et curieux face à ces courses et je crois que l’ultra-cyclisme est en plein essor au Québec. Déjà, une nouvelle course de 620km est ajoutée au calendrier québécois l’an prochain, l’Ultra-Taïga, qui aura lieu dans le Nord du Québec.

Y a-t-il une ou plusieurs épreuves ultra qui vous fascine en Europe et que vous aimeriez pouvoir faire un jour ?

Je crois qu’il s’agit d’un classique, mais j’adorerais prendre part à la prochaine édition du Paris-Brest-Paris. Cette épreuve me fascine et parcourir ainsi la France m’interpelle énormément. De plus, j’aimerais avoir la chance de partager la route avec des coureurs cyclistes de partout dans le monde. Alors forcément, lorsque j’ai appris la création de l’Ultra Revival Tour j’ai immédiatement voulu être au départ. Le fait d’être la marraine de cette épreuve est un honneur auquel je ne m’attendais pas.

En dehors du vélo, quelles sont vos passions, vos occupations favorites ?

Je pratique la course à pied et la natation, deux sports qui me permettent de me dépasser et de varier les entraînements. J’aime aussi faire du ski de fond l’hiver, pour me retrouver en forêt et apprécier les beaux paysages québécois.

J’adore également la nutrition et la cuisine. Je me renseigne aussi souvent que possible afin de faire les bons choix et de découvrir les nouveaux produits et aliments disponibles.

Je suis également une passionnée des mathématiques, matière que j’ai choisie d’enseigner au secondaire. Je suis une personne analytique et réfléchie, donc les mathématiques sont pour moi rassurantes et pratiques dans diverses situations de la vie! Finalement, l’environnement me tient beaucoup à coeur et je tente de sensibiliser les gens autour de moi à l’importance de s’en soucier, puisque c’est de notre avenir dont il est question.

Avez-vous une idole ou du moins quelqu’un que vous admirez dans le milieu du vélo ou du sport en général ?

Je n’ai pas une idole en particulier, mais toutes les personnes qui ont choisi de ne pas baisser les bras et de continuer malgré les difficultés me touchent énormément. J’ai rencontré un cycliste qui pédale à une jambe dernièrement. J’étais impressionnée et renversée de constater qu’il était excellent et très habile!

Terry Fox est un autre beau modèle de ténacité et de persévérance pour moi. Je suis d’avis qu’il n’y a aucune excuse valable pour ne pas adopter un mode de vie sain et actif selon moi et, ces personnes le prouvent, tout comme plusieurs autres d’ailleurs.

Si vous deviez composer une playlist pour vos longues sorties à vélo, quels styles musicaux et quels artistes y mettriez-vous ?

Je suis de style très éclectique lorsqu’il s’agit de choix musicaux. J’aime bien varier les styles et les tempos, afin de me surprendre moi-même lors des événements! Malheureusement, je n’écoute pas de musique lors de mes sorties à vélo, puisque cela est interdit selon le Code de la sécurité routière du Québec.

Par contre, lors de mes sorties de course à pied, je me plais à écouter des chansons comme ‘’Any way you want it’’ de Journey, ‘’T.N.T.’’ de AC/DC et ‘’Welcome to the jungle’’ de Guns n’ Roses.

Pour finir, une petite question plus légère, en Europe, la tradition veut que la veille d’une épreuve on mange des pâtes ! Et au Québec, quel est le repas type avant une épreuve de vélo ?

On mange aussi beaucoup de pâtes la veille d’une épreuve cycliste pour les avantages des glucides emmagasinés. Également, je suis une fan de riz et de gruau à l’avoine, que je mets impérativement au menu les journées précédant un événement.

Merci Jessica pour votre disponibilité et rendez-vous le 11 septembre 2017 pour le départ de l’ultra Revival Tour !

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